Pama m'a transmis un article du très sérieux journal Le Parisien, à lire ici, à propos des risques du nouveau navigateur de Google. J'ai eu envie de réagir à leurs propos.

searchfolder.pngVendre la polémique
En fait, rien n'est prouvé dans les colonnes du Parisien citant le BSI et omettant d'ailleurs de préciser que Google a retiré l'article 11 de ses conditions d'utilisation (CGU), avant le lancement du logiciel Google Chrome.

Le même procès d'intention pourrait donc être fait aux autres éditeurs de logiciels web. Eh bien non, il s'agit en l'espèce d'une campagne récurrente, visant à affaiblir l'hégémonie du géant Google, qui se taille la part du lion dans tout ce qu'il touche. Certains peuvent s'en agacer.

Les allemands n'ont fait que reprendre à leur compte cette vieille rengaine à l'occasion de la sortie de Google Chrome. D'autres pays, comme la France, sont capables de ce genre de mise-en-garde : sait-on par exemple que le logiciel Skype est fortement déconseillé, voire interdit, dans les universités et que le téléphone portable Blackberry est carrément prohibé dans les ministères ? Il n'empêche que la plupart de nos ministres en utilisent un quand même, ce n'est pas sans raison. L'Etat protège ses secrets, comme il peut. Mais à qui s'adresse donc la recommandation de l'autorité allemande de sûreté des techniques d'information ?

Big Brother, encore lui
Qtrashercomputershopfull.pnguand on n'a rien à cacher, je ne vois pas en quoi utiliser un navigateur, quel qu'il soit, empiète sur la vie privée et représente un quelconque danger. Dans l'utilisation que j'en ai, je suis amené à envoyer quotidiennement des mots de passe et des identifiants, pour ce blog par exemple ; mes proches utilisent Google Mail, une autre application Google, pour leurs mails professionnels. Nous n'avons pas choisi au hasard les outils les mieux adaptés à nos besoins.

Après, tout est question de confiance et d'enjeux. A-t-on vraiment le choix, si l'on se cantonne aux outils grand-public ? Jusqu'ici, aucun ténor du web (pas plus Google que les éditeurs d'Internet Explorer, Firefox, Opéra ou Safari) ne s'est risqué à galvauder les données qu'il glane par milliards tous les jours. Et chacun d'eux s'attache à apporter la plus grande sécurité possible, publiant régulièrement des mises-à-jour pour combler des failles de sécurité. Le vrai risque viendrait plutôt d'internautes négligeant ces correctifs, à leurs risques et périls.

On reproche en fait à Google de stocker les informations qu'il voit passer. C'est possible, dans une certaine mesure. Son moteur de recherche est d'ailleurs devenu le meilleur et il a changé notre façon d'utiliser internet. Quelle différence de puissance avec Alta Vista, le moteur de recherche phare, il y a seulement 10 ans ! Alors pourquoi confondre stockage de données et performances des outils avec dénis de confidentialité ?

unloadobjectdock2.pngQui exploite nos données personnelles ?
Selon ses détracteurs,  Google s'attaquerait avec Chrome à l'exploitation de nos données… Prenons l'exemple des opérateurs de téléphonie portable. Il s'agit, pour la plupart, de sociétés privées qui disposent d'une foule de renseignements sur nous : nos déplacements quotidiens à la seconde près, l'identité de nos contacts, la fréquence de nos appels et bientôt encore plus de données, comme nos achats, nos réservations de billets divers, nos dépenses de parcmètres, de péages et je ne sais quoi d'autre. Pourtant l'Etat ne trouve rien à redire, puisqu'il oblige les opérateurs à conserver un historique complet sur plusieurs années, quitte à exploiter ces informations sur la réquisition d'un juge quelconque.

Alors, personne pour se méfier de SFR ou de Bouygues ? La vraie question est peut-être là pour l'Etat, de favoriser ce qu'il appelle pudiquement les tiers de confiance, agitant volontairement le spectre inquiétant du contre-pouvoir. Pas très démocratique non plus et pour le coup, vraiment dangereux pour les libertés individuelles. Au fait, comment va (le fichier) Edvige ? Mal, merci… il est heureux que la CNIL et d'autres commencent à s'émouvoir de telles dérives sécuritaires. George Orwell avait vraiment du pif lorsqu'il a publié son roman 1984… en 1949 !

Si je détenais des secrets d'état, ou que je fréquente des milieux terroristes ou révisionnistes, je réagirais sûrement différemment. Ce n'est pas le cas ! Et encore, il serait possible de mettre en œuvre des solutions ultra-sécurisées… mais tellement plus lourdes : la mise en place de tunnels VPN, de proxies sécurisés, de sandboxes et de cryptage SSL n'est pas à la portée de tout le monde ! Surtout que la législation française considère le cryptage comme une arme de guerre et en restreint l'utilisation par les particuliers autant qu'elle le peut.

chrome205noshadow1.pngReste que Google Chrome est le navigateur le plus rapide et le plus pratique que je connaisse à ce jour. Il évoluera certainement vers un vrai système d'exploitation en ligne. Le futur du web se dessine en effet sous cet angle : un seul programme installé sur l'ordi : un navigateur. Tout le reste (applications et données) hébergé sur le net et accessible de partout, depuis n'importe quelle machine connectée.

Et à chacun de choisir un niveau de sécurité et de confidentialité adapté à ses besoins… si on lui en donne les moyens ; on a fait quelques progrès depuis le code de Jules César, sauf peut-être en terme de démocratie.

Certains analystes de Presse n'en n'ont apparemment pas la moindre vision et se contentent de papiers sulfureux, plus accrocheurs qu'une vraie réflexion de fond sur l'avenir de l'internet et le nôtre.

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